Où et comment cueillir des plantes sauvages comestibles et utiles près de Paris ?

Où et comment cueillir des plantes sauvages comestibles et utiles près de Paris ?
18 Avr 2018

Même en habitant dans une grande ville comme Paris, vous pouvez trouver des plantes sauvages comestibles et utiles près de chez vous. Dans les bois et forêts, le long des cours d’eau et des chemins, dans les plaines et même dans la ville intramuros, les plantes sauvages comestibles poussent partout. Pour une sortie nature originale, voici les conseils du zèbre pour cueillir des plantes sauvages comestibles et utiles en Ile-de-France. 

Pourquoi cueillir les plantes sauvages comestibles ?

Cueillir des plantes sauvages comestibles et utiles, c’est tout d’abord faire des économies sur votre budget et varier vos plaisirs alimentaires. La nature vous propose un immense garde-manger gratuit où trouver des plantes fraîches à toutes les saisons. Des jeunes pousses printanières pour vos salades, des baies variées après les premières gelées ou de tendres fleurs pour vos desserts… le choix est varié ! Au delà de la cuisine, les plantes sauvages sont aussi utilisées au quotidien pour la médecine, la teinture, l’outillage, l’habillement, etc. Cueillir des plantes sauvages comestibles, c’est également l’occasion de faire de belles balades près de Paris et de s’approcher un peu plus des secrets de dame Nature.

Où cueillir les plantes sauvages comestibles près de Paris ?

Les plantes sauvages comestibles poussent dans tous les espaces naturels à Paris comme ailleurs. Vous pouvez donc vous balader avec votre panier dans les parcs, jardins et bois comme le bois de Boulogne, le parc des Buttes Chaumont, le Bois de Vincennes, le parc de Saint-Cloud ou le Parc de Versailles. Un peu plus loin, en faisant un tour en RER, vous pouvez aussi cueillir des plantes sauvages comestibles dans les espaces naturels comme l’étang de Meudon, la forêt de Port-Royal-des-Champs, la Haute Vallée de Chevreuse, la forêt de Ferrière ou le massif de Montmorency. Bref un peu partout !

Cependant, chaque plante pousse dans un habitat spécifique en fonction de ses besoins. Si elle aime l’eau, elle choisira un milieu humide comme les sous-bois ou les bords de cours d’eau. Si elle aime le soleil, elle se fera dorer la pilule dans les plaines découvertes. Ou si elle se contente de peu de nutriment, vous la trouverez sur des sols pauvres, comme les friches. Attention, ne récoltez rien près des lieux pollués (bords de routes, zones traitées aux pesticides, etc.) !

Quand cueillir les plantes sauvages comestibles ?

Vous pouvez ramasser des plantes sauvages comestibles en Ile-de-France toute l’année ! Chaque saison apporte en effet son lot de plantes utiles et disponibles, même l’hiver. Toutefois, il est conseillé de cueillir les différentes parties des plantes aux bonnes périodes, afin de conserver leurs propriétés gustatives et de respecter au mieux leur cycle biologique. Ainsi, cueillez les fleurs plutôt au début de la floraison. Pour les feuilles, il est préférable de les collecter avant la floraison, même si elles peuvent l’être aussi pendant et après pour la plupart. Quand aux racines, rhizomes et bulbes, attendez la fin de végétation. Enfin, choisissez un temps sec et ensoleillé et évitez la rosée du matin pour votre cueillette si vous comptez faire sécher votre récolte : l’humidité pourrait en effet faire moisir vos plantes sauvages comestibles !

Comment reconnaître les plantes sauvages comestibles ?

Pour reconnaître les plantes, il vous faudra acquérir les bases de la reconnaissance botanique.  La reconnaissance des plantes sauvages comestibles, c’est surtout de la pratique ! Armez vous de patience, équipez vous de guides botaniques et de clés de détermination et rencontrez des botanistes confirmés qui vous transmettront leurs savoirs directement sur le terrain. Apres avoir vu, senti, touché et reconnu avec certitude une plante en compagnie d’un expert, vous ne l’oublierez plus.

Pour commencer, l’astuce clé pour reconnaitre les plantes sauvages comestibles, c’est l’observation. Observez donc avec attention la plante et l’endroit où elle pousse, puis posez-vous une série de questions pour tenter de l’identifier :

  • Quel est le type de plante et sa taille ? Est-ce une plante de type fougère, herbe, plante à fleurs ? Est-elle ligneuse, herbacée, buissonnante ?
  • Quel est le port de la plante ? Est-elle rampante, en rosette, en touffe, etc. ?
  • Quelle est la pilosité ? La plante est-elle poilue ou glabre ? Et sur quelle partie ?
  • Quelle est la forme de la feuille : est-ce que la feuille est composée ou simple ? Opposée ou alterne ? Lisse, dentée ou lobée ? Est-elle perforée, nervurée ou palmée ?
  • Quelle est la forme et la couleur des fleurs ? Les fleurs sont elles en ombelle, en cloche ou en tube ? Ses pétales sont-ils blanc, jaune, violet ? Combien comptez vous de pétales ?
  • Est-qu’on trouve généralement ce genre de plantes dans ce type d’habitat : humide, à l’ombre, ensoleillé ?

Tableau des caractéristiques morphologiques des feuilles. Auteur :  Jona – Licence CC

Comment cueillir avec respect et en sécurité ?

Le Zèbre a ses astuces pour bien cueillir les plantes sauvages comestibles, près de Paris ou ailleurs :

  • Nous cueillons uniquement les plantes que nous sommes sûrs de connaître. Confondre l’ail des ours et le muguet pourrait vous être fatal !
  • Pour nos sorties de glanage, nous prévoyons un couteau pour couper proprement sans abimer la plante, des gants épais pour éviter le contact avec les plantes urticantes ou toxiques et un panier ouvert ou un sac en tissu pour laisser notre récolte respirer.
  • Nous ne ramassons pas de plantes à proximité des lieux potentiellement pollués : bords de routes ou d’usines, zones traitées par des pesticides, etc.
  • Avant de cueillir une plante, nous nous assurons toujours de plusieurs critères de détermination. Nous la comparons chaque fois à ses cousins ressemblants.
  • Nous cueillons uniquement la quantité de plante dont nous avons besoin sur le moment ou pour l’année. En effet, les principes actifs d’une plante s’épuisent généralement après un an : inutile donc d’en faire de trop grands stocks.
  • Nous laissons une partie des plantes sur place afin de favoriser à nouveau leur développement.
  • Nous veillons à ne pas abimer les racines et bulbes quand nous cueillons la plante.

Conserver les plantes

Si vous ne consommez pas vos plantes fraîches, vous pouvez également les conserver. Pour les faire sécher, préférez un endroit à l’ombre, aéré. Etalez vos plantes de préférence sur une grille ou sur une claie fabriquée maison (facile, voici la notre ci-dessous !). Pour les plus grandes, vous pouvez les suspendre à un fil. Une fois sèches, glissez les dans des bocaux en verre ou des sachets en papier à l’abri de la lumiere. Étiquettez et datez vos récipients.

Pour aller plus loin

Nous vous conseillons de visiter le site Le Chemin de la Nature, animé par Christophe de Hody, botaniste de terrain, naturopathe et herbaliste qui propose de superbes vidéos sur les plantes sauvages comestibles et des randonnées d’initiation près de Paris.

Pour vos sorties terrain, vous pouvez vous entrainer à la reconnaissance botanique en téléchargeant la clé de détermination gratuite des arbres par leurs feuilles de l’ONF. Vous pouvez aussi vous procurer le Guide des plantes sauvages comestibles et toxiques de François Couplan (dans les bibliothèques de Paris ou en vente aux éditions Delachaux). Nous vous conseillons aussi les ouvrages du Muséum National d’Histoire Naturelle, notamment Sauvages de ma rue : guide des plantes sauvages des villes de la région parisienne (dans les bibliothèques de Paris).

Et pour les plus acharnés, voici les « bibles » du botaniste : Flore d’Europe occidentale et Flore forestière française (Tomes 1, 2 et 3) aux éditions Arthaud (aussi dans les bibliothèques de Paris).

 

Bonne cueillette !

Share

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *